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La première apparition sur disque de Big Gipp date de 1994, avec son couplet sur Git Up, Git Out des Outkast. Pendant que ses copains se distribuent les coups de pied au cul pour se motiver à faire quelque chose de leurs vies, Gipp a l’air de naviguer entre solitude et paranoïa. Debout aux aurores, il triture un cendrier en attendant que les autres daignent se lever, et repensent à ceux qui ont essayer de l’entuber. C’est aussi la première fois qu’il fait référence aux « mutants ».
Des dizaines de fois dans sa carrière Big Gipp s’est comparé à un mutant, allant jusqu’à appeler son unique album solo Mutant Mind Frame. C’est vrai qu’en se baladant dans Atlanta, ce grand échalas avec une face d’écureuil et une afro, fringué comme s’il s’était habillé dans le noir, ne doit pas être loin de faire le même effet qu’Hank McCoy hors de son labo. Et il n’y a pas que physiquement que Gipp paraît bizarre : Quand il se met à rapper sur les sandwichs bananes – mayonnaise mangés à même la nappe, on en vient à se demander s’il n’est pas complètement fou.
Evidemment Big Gipp a juste sa manière bien à lui d’évoquer les choses. Il n’est ni seul, ni parano, ni fou, mais assez original pour qu’à travers ses yeux, le quotidien d’un noir pauvre et désœuvré du Sud devienne celui d’un X-Men pourchassé par les anti-mutants.

Je ne sais plus où j’ai lu/entendu que « Big Gipp était Gunplay avant Gunplay ». En prenant en compte les contextes et époques différentes, l’idée se défend. L’un comme l’autre est capable, entre deux lignes sur son amour des bagnoles, de venir nous rappeler très froidement que nous ne sommes guère plus que des statistiques insignifiantes, et préfère utiliser des espèces de métonymie plutôt que d’aborder frontalement les choses. Ils partagent aussi des personnages en apparence outranciers, l’un de pimp l’autre de dealer de coke, servant à dissimuler des cicatrices qu’ils n’hésitent pas à rouvrir.

I Know Pain (Mutant Mind Frame/2003)

Il y a une autre figure qui est apparue plusieurs fois dans les chansons de Big Gipp, celle du Boogie Man. S’il a été jusqu’à en faire un titre avec André 3000 c’est sans doute parce que le mot sonne exactement comme il faut pour une chanson de rap…

« I’m Mr. Boogie Boogie From The Goodie Goodie Gip Put my Oogie Oogie Between Your Camel Foot So Stay Put»

…Mais l’obsession de Big Gipp pour le croquemitaine date de bien avant la musique, de quand il était gamin et qu’un fait divers terrorisait Atlanta. Entre 1979 et 1981, une trentaine d’enfants noirs ont disparu. Après deux années d’enquête, la police fini par arrêter un jeune homme noir. Ce dernier est jugé coupable du meurtre de deux des enfants disparus, et dans la foulée, la police clos l’affaire sur les disparitions, persuadée d’avoir arrêté l’unique coupable.
Cet horrible épisode, en plus d’être traumatisant, a tous les ingrédients pour faire fonctionner l’imagination d’un rappeur : la justice blanche qui traite par dessus la jambe une histoire de meurtre dans la communauté noire, des membres du Ku Klux Klan qui tournent autour de l’affaire et des rumeurs de complots. Big Gipp, qui a vécu tout ça à travers ses yeux d’enfants, a enfilé son costume de raconteur pour rendre hommage aux disparus.

Ce n’est peut-être pas clair pour tout le monde, Big Gipp est un membre de Goodie Mob, l’autre grand groupe de la Dungeon Family avec Outkast. Sa carrière solo n’a jamais vraiment décollée et le grand public le connaît plus pour son couplet dans Grillz de Nelly que pour Mutant Mind Frame ou Kinkfolk, son album en duo avec Ali des St. Lunatics.
Les premiers albums d’Outkast et de Goodie Mob sont tellement bons qu’on oublie souvent que la discographie de la Dungeon Family regorge d’autres très bons disques. Ceux de Big Gipp en font partie. Et en ayant régulièrement « muté » pour traverser toutes les époques, modes et styles de la ville (un peu à la manière d’un E-40 dans la Bay, en moins productif), et juré fidélité éternelle à la triplette ‘voiture – strip club – cambrousse’, Gipp concoure au titre de rappeur le plus « ATLien » d’Atlanta.

Illustrations : Gangsterdoodle

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La capitale de l’Etat de Tennessee n’a pas usurpé son surnom de Cashville. Seconde ville la plus importante pour l’industrie musicale américaine, les plus gros labels y ont tous installé bureaux et studios, si bien que chaque année ils y génèrent presque 7 milliards de dollars.
Appelée aussi Music City, on dit qu’elle est le berceau de la Country. Elvis Presley, Bob Dylan ou Johnny Cash y ont en effet accouché quelques disques et on y trouve encore aujourd’hui des hauts lieux du genre, tels que le Ryman Auditorium et le Country Hall of Fame.
La petite blanche préférée des rappeurs qui codent leurs communications, Miley Cyrus, est aussi originaire du coin. D’ailleurs, qu’en est il de la scène rap locale ? La ville étant un vrai temple et moteur de la musique américaine, on se dit qu’il y a toutes les chances pour que la seule musique encore excitante de notre air y soit bouillonnante. C’est presque le cas. Mais alors pourquoi Young Buck, ex membre du G-Unit de 50 Cent, est-il le seul à avoir connu un semblant de gloire internationale ?
D’autres ont bien rencontré un petit succès, parfois au delà du Tennessee, mais ils sont trop peu comparés à la masse de disques de rap produits par Nashville. Et c’est un succès tout relatif, les noms de Pistol, Kool Daddy Fresh, Haystak, Quannie Quash, Boogie, Papa J, Greenwade ou Big Lou étant aujourd’hui totalement inconnus du grand public.

A Nashville, on explique cette difficulté à percer nationalement par le manque de lien entre les rappeurs locaux. A Atlanta, Memphis, New York ou New Orleans, on a compris que l’union fait la force et qu’il est bon de tenir les portes qu’on s’est ouverte pour que les copains puissent en profiter, pendant qu’à Nashville ce serait surtout « tout pour sa gueule ».
Dans le même ordre d’idées, l’absence d’un label rap de poids ne joue pas en leur faveur. Résultat, les clubs et les radios de la ville jouent en priorité les artistes d’Atlanta ou Memphis qui, eux, bénéficient de l’appui de grosses structures de diffusion.
Enfin, le rap de Nashville souffre aussi d’un manque d’identité forte, oscillant bien trop souvent entre les sonorités que l’on accole à d’autres villes, comme NYC, Memphis, Los Angeles, New Orleans ou Houston…

Alors c’est d’abord via des « figures », des personnalités fortes aux vies mouvementées, que le rap existe à Nashville. Certains ont réussi à vendre plusieurs centaines de milliers d’albums, d’autres sont devenus de vraies légendes de l’underground. En cherchant bien, on y trouve même un des rappeurs les plus passionnants encore en activité.

Si vous êtes assez curieux pour aller explorer les bois qui longent Hilsboro Road, vous finirez sans doute par tomber sur « Le Château ». Loin du centre et cachée par la forêt, l’intrigante bâtisse est au centre d’une longue liste d’histoires. Il faut dire qu’en plus de son apparence et de sa situation, elle a le pédigrée pour être le décor de toutes les légendes et fantasmes possibles.
Ce « Château » est érigé à la demande d’un certains John P. Welch en 1929. Trois ans plus tard, les constructions sont terminées et « Le Château » commence à accueillir un club de gentlemen offrant des cours d’équitation. Enfin ça, c’est la version officielle, parce qu’en réalité le lieu accueille des activités bien moins distinguées, et John P. Welch n’a du gentleman que les costumes taillés par un grand couturier… L’homme est en fait un bookmaker aux ordres du balafré, Al Capone, qui avant de se faire arrêter cherchait à étendre son activité dans le business des jeux. Son Boss en prison, Welch aurait tout de même ouvert un casino clandestin dans les sous-sols du « Château ».
A la mort du proprio en 1945, les activités du « Château » cessent, et il sera transmis de propriétaire louche en propriétaire crapuleux, sans jamais n’être ouvert au public. On dit qu’il est resté l’endroit idéal pour se cacher quand on est un gangster en danger de mort, l’endroit regorgeant de tunnels et passages secrets débouchant sur des tombes factices, pratiques pour la fuite.

Mais un demi siècle après sa fondation, « le Château » ne peut plus échapper à l’industrie qui fait tourner Nashville : Dans les années 80, la famille Nuyens le transforme entièrement en studio d’enregistrement. Le voici devenu la place forte idéale pour venir se couper du monde pendant plusieurs semaines afin d’y travailler un disque.

C’est au « Château », en 1987, que les premiers rap de Nashville sont enregistrés.

Blow Pop Crew devient le premier groupe de rap de Nashville a être pris au sérieux, et fera le tour du Tennessee à base de premières parties de N.W.A., Ice T, Eric B & Rakim, Public Enemy, Mantronix ou 2 Live Crew.

Ce type de groupe, construit sur le modèle de Blow Pop, germe au kilo pour devenir la norme à Nashville. Top Secret et New Style sont les deux autres posses à connaître un peu de succès et, comme leur modèle, à faire des tournées grâce aux premières parties. C’est au sein de New Style Posse, suite aux envies de Tim Moss a.k.a. M.C. Fresh, que va naitre le premier rappeur de Nashville à avoir une carrière solo : A la naissance de sa fille, Tim change de nom de scène pour devenir Kool Daddy Fresh, quitte son groupe de rigolos et devient une des premières vraies figures du rap local.

Si le ralentissement des rythmes reniflés sur les disques de Blow Pop, Top Secret et New Style, les ancrent d’un pied dans le Sud, leur rap ressemble quand même beaucoup à ce qu’on entend à New York (cf cet article sur Blow Pop). C’est avec Kool Daddy Fresh et sa manie d’étirer nonchalamment les syllabes que Nashville va pouvoir commencer à faire siffler les oreilles des new-yorkais. Des groupes comme UGK ou 8ball & MJG ont commencé à marquer la musique de leurs grosses empreintes, et sur son premier album « It’s All True » en 1994, Daddy Fresh s’inspire franchement de ce genre de gangsta rap. Aux côtés des rythmes lents et synthétiques qu’affectionnent ces gangsters du sud, on trouve des morceaux sous influences g-funk, ainsi que quelques ambiances plus sombres, habillées de rires rauques, rappelant que le funk sinistre de Memphis est en train de naitre non loin de là.

Son plus gros succès, aussi bien critique que financier, vient avec «Plottin’ / Licensed To Chill ». Toujours a mi-chemin entre les sonorités west coast (voire Bay Area quand les synthés s’y mettent) et le rap des campagnes sudistes façon Pimp C, ce deuxième album s’écoule à près de 200 000 exemplaires et lui permet de devenir le premier rappeur noir à se produire au Ryman Auditorium. Sa cote devient telle que même le très blanc gouverneur du Tennessee se démène pour être aperçu aux côtés du Kool Daddy, probablement dans l’espoir de gagner d’avantage de sympathie dans la communauté noire…

Entre quelques noms obscurs, ce disque accueil un couplet du légendaire pimp de Memphis, Playa G, et les traces d’un énergumène lui aussi originaire de Nashville, Pistol. Ce gros rappeur un peu bourru s’apprête à définitivement placer la ville sur les cartes du rap.

C’est en 1994 que Nashville devient une vraie ville de rap. Cette année là, en plus de la sortie du premier disque de Kool Daddy Fresh, un rappeur réussit à obtenir un contrat très important symboliquement.

Leroy Gordon dit Pistol est originaire du quartier Preston-Taylor. Le garçon commence la musique très jeune en participant aux concours de talents de la ville, mais avant son fameux deal, n’y voit rien d’autre qu’un passe temps entre deux transactions crapuleuses. Son rap est cru, naturellement violent, car inspiré du quotidien de Preston-Taylor, zone réputée la plus dure de Nashville. Le côté parfois très réaliste de ses textes fait de lui un quasi journaliste du ghetto, même si l’essentiel de son rap est animé par la flambe et l’autocélébration. On le connaît aussi pour la sensibilité voyou qu’il insuffle parfois à ses chansons, à la manière de ce qu’ont fait Tupac ou Scarface, avec qui il partage ce besoin d’allers-retours entre les moments de gloire et les ambiances très noires. Cette noirceur il la travaille aussi par le choix de ses productions, s’inspirant majoritairement du plus sombre de la country dont sont friands UGK ou les Geto Boys, mais aussi des rythmes les plus lancinant possible de la g-funk californienne.

En 1989, avec les profits de sa débrouille, Pistol se paie l’enregistrement de sa première cassette audio «Young Gangstas», sur laquelle Kool Daddy Fresh fait déjà une apparition. Nashville étant à cette époque complètement déconnectée du rap game, Pistol enregistre ce projet uniquement pour son quartier et ne produit qu’un nombre limité de cassettes qu’il dépose au New Life Records Shop d’un dénommé Lee. Il est alors loin de s’imaginer que seulement quelques jours après, Lee le rappellera pour avoir d’autres exemplaires de la K7… Puis le rappellera, encore, et encore, à chaque rupture de stock… Jusqu’à ce que tout Preston-Taylor ait son exemplaire.

Commençant à faire parler de lui au delà de son quartier d’origine, Pistol est approché par K-Rob, un homme rodé au business qui lui propose de prendre en main sa carrière. Ce dernier devient le VRP de Pistol et se traine de concert en concert pour faire la promo de son poulain. Lors de la venu d’8Ball à Nashville, K-Rob rencontre en loge le patron du label Street Flavor, Kevin Grisham, qu’il convainc de presser le premier album de Pistol.
Impressionné par les démos, et n’ayant à l’époque aucun autre artiste dans leur roster, Street Flavor est prêt à mettre le paquet. Toujours à mille lieux d’envisager une carrière de rappeur, Pistol est lui abasourdi en apprenant que pour le premier pressage, le label prévoit plus de 10 000 exemplaires.

« Mais qu’est-ce que vous allez faire avec ça ? Genre… Qui vend autant de CDs ? »

Pistol boucle pour eux son premier véritable album «Hittin’ Like a Bullet», et retourne aussitôt faire ses affaires dans la rue. S’il ne se soucie pas tellement des ventes de ce projet, Pistol en constate inévitablement le succès : à chaque passage par les locaux de Street Flavor, il voit les piles de disques s’amenuiser. Et les 10 000 CDs s’envolent sans que Pistol n’ait le temps de comprendre ce qui lui arrive. C’est un coup de téléphone qui lui fera prendre conscience de son succès, et qui surtout l’aidera à envisager le rap comme un métier.
Harcelé par cinq labels qui souhaitent enrôler Pistol, Street Flavor demande à son artiste de faire un choix. Dans le lot RCA et EPIC sont prêts à lui dérouler un tapis d’or et de billets, mais au moment de prendre la décision finale, le téléphone sonne une dernière fois. Eazy-E est en ligne, avec une petite place pour Pistol dans le roster de son label.

« MEC ! T’as même pas à me demander. Je vais avec Eazy ! On rappe les même choses ; et c’est le genre de trucs que les labels n’aiment pas! »

Le choix est vite fait, et il ne reste plus à Pistol qu’à parapher son contrat qui le liera à Ruthless Records. En ressortant «Hittin’ Like a Bullet» sur Ruthless, Pistol fait exploser les remparts qui entouraient Nashville. Et voyant l’un des leurs passer sur MTV et trainer avec des légendes vivantes, les jeunes de la ville commencent à massivement embrasser des carrières de rappeurs.

Cette signature sur un label de la côte ouest apparaît évidente quand on écoute l’album de Pistol. Ses sirènes stridentes, samples et saxos funk le font encore énormément ressembler à un disque de dope dealer californien. Même dans les textes, les références à la côte ouest et à son mode de vie (il cruise en 64′ comme Eazy-E) peuvent faire penser que Pistol est originaire de L.A. (et lorsqu’il évoque le « Ouest Side » il s’agit sans doute de l’ouest de Nashville, mais cela ne fait que s’ajouter à la confusion). Seules quelques émanations country resituent le disque dans le sud.

Pistol ne sortira qu’un seul album chez Ruthless, les suivants étant défendus par Street Flavor à nouveau, puis Topadaline et Platinum Plus Music. Avec pratiquement un disque tous les deux ans jusqu’en 2010, une carrière toute en progression et forte de succès (au moins 100 000 ventes pour chacun de ses albums), Pistol devient une vraie légende underground. Avec le temps il s’éloigne de ses premiers amours west coast, avec des albums qui ressembleront de plus en plus à des produits à mi chemin entre les prêches de rue d’un Scarface et l’exubérance d’un Master P. Ces deux têtes d’affiche du Sud sont très certainement ses deux plus grandes inspirations dans la deuxième moitié des années 90. Une période qui est incontestablement son apogée artistique, grâce à des disques comme « They Shoulda Kill’d Me », « Money and the Power » et « Ballhollic »… et cela même si on se demande parfois s’il n’est pas en train d’imiter Tupac… ou d’imiter Master P imitant Tupac.

Après Pistol, une poignée de rappeurs de Nashville vont réussir à gagner une reconnaissance régionale. Parmi eux, Quanie Cash, Haystak et Big Lou sont parmi les plus remarquables. Et en multipliant les collaborations les uns avec les autres, en invitant sur leurs disques les vieilles gloires de Nashville et les rookies, ils aident à construire l’embryon d’une vraie scène locale.

Avant d’être un rappeur, Quanie Cash est le patron de Bottom Boyz Recordz, label qu’il monte en 1995 sans doute motivé par le succès de Street Flavor et Pistol. Mais avec le temps ses modèles deviennent plutôt Cash Money et No Limit Records, dont les Empires commencent à générer des millions de dollars. C’est quatre ans plus tard que Quanie Cash passe de l’autre côté du micro, encore une fois très inspiré par les gangsters de No Limit puisqu’il a tout pour se faire passer pour le quatrième frère Miller : l’attitude irrévérencieuse, le flow rageur, les prods clinquantes chargées en or et les pochettes Pen & Pixel.
Son plus bel effort est probablement « The Real Testimony », une heure et demi de rap de garçon gouttière et de TR-808 qui n’a rien a envier à certains disques de Silkk The Shocker. Suivront des compilations et des albums servant de B.O. aux films qu’il produit et réalise lui même.

Haystak est un peu à part dans cette petite constellation de rappeurs. D’abord, il est blanc. Ensuite, sa musique à d’avantage de points communs avec la traditionnelle country de Nashville qu’avec ce que font ses collègues rappeurs. Certes il rappe, mais jamais sans guitare ou piano plus campagnes qu’un mollard bien marron. Combinaison un poil déprimante entre un cow-boy solitaire et les moments les plus émo d’Eminem, difficile de dire si Haystak peut plaire à qui n’est pas un vrai campagnard du Tennessee. Il s’est en tout cas construit une belle fanbase de cous rouges, et enfantera quelques autres rappeurs blancs émotifs à Nashville. Aujourd’hui, le collègue de Lil Wyte, Jelly Roll, en plus d’être son quasi-sosie physique, lui ressemble beaucoup en tant que rappeur.

Big Lou est un rappeur plus anecdotique, mais mérite d’être cité pour avoir à son actif un album qui tente de synthétiser dix ans de rap à Nashville. On retrouve sur « Perfect Timing » les légendes du coin (Pistol, Boogie, Papa J) et toutes les sonorités que la ville apprécie : Beaucoup d’orgues bien country et quelques morceaux sinista-funk comme « Diggin the grave ». Mais encore une fois l’album est majoritairement marqué par la domination de l’écurie de Master P à l’époque, avec des prods où, sur les rythmes lents et secs d’une TR 808, s’entrecroisent des mélodies de quelques notes de synthés et des boucles de pianos.
Le disque accueille surtout le couplet d’un jeune sauvageon alors inconnu, qui fait ici une de ses premières apparitions avant de devenir la plus grosse star que Nashville ait connu : Young Buck.

Est-il nécessaire de revenir en détail sur Young Buck et sa carrière ? Son charisme et sa paranoïa feront de lui un membre temporaire du G-Unit de 50 Cent, et un artiste international avec à son actif un premier album studio certifié Platine. Buck, ce sont des disques produits par la crème de la crème (Dr.Dre, Lil Jon, DJ Toomp, Three 6 Mafia, Drumma Boy), une voix rauque et puissante reconnaissable entre mille et une capacité à lacher complètement prise lui permettant d’insuffler une energie quasiment infinie même à la plus anecdotique des prods d’Eminem.

Après avoir été promené de label en label (Cash Money, UTP, G-Unit), après avoir échoué à faire du sien, Ca$hville Records, un vrai succès, après avoir laissé sa paranoïa lui bouffer la vie au point de s’embrouiller avec pratiquement tous les gens avec qui il a collaboré, après avoir été affaibli par des problèmes financiers, puis honteusement achevé par le fisc, le voilà finalement en prison pour des broutilles… Bref, la carrière internationale de Young Buck est probablement terminée, même s’il continue à polire quelques pépites inspirées par sa galère. Il lui reste le circuit de la mixtape gratuite pour l’aider à remplir quelques petites salles de concert du Tennessee.

Plus que d’avoir offert à Nashville ses premiers blockbusters et quelques excellents projets un peu moins connus (ses mixtapes avec Drumma Boy…), le plus beau cadeau que Young Buck ait fait au public rap, c’est de lui avoir présenté l’un des rappeurs les plus passionnants du XXIème siècle. Même si encore aujourd’hui il n’y a pas un auditeur sur dix qui en a déjà entendu parler.

Au sommet de sa gloire, Young Buck est invité par BET à dévoiler son TOP 50 Dirty South devant des millions d’américains. Entre les inévitables grands classiques, la star du G-Unit place un nom dont pratiquement personne n’a encore entendu parler, en dehors de quelques acharnés dans le Tennessee.

« C’est le prochain gros artiste qui va sortir de Nashville. Rappelez-vous bien de son nom. All Star, the Cashville Prince. »

Le phénix est un oiseau connu pour toujours renaître après s’être consumé sous l’effet de sa propre chaleur. La carrière de Starlito (anciennement All Star) s’apparente un peu à ces cycles que vit le phénix. Elle est faite d’ascensions, de chutes et de renaissances. Une alternance de hauts et de bas qui, tout en ayant émoussé le rappeur au point de l’avoir complètement et irrémédiablement dégouté de l’industrie du rap, l’a aidé à se forger, à se transformer, à progresser, jusqu’à devenir l’un des tous meilleurs en activité.

C’est presque par hasard que Jermaine Eric Shute est devenu rappeur. Au début des années 2000, alors qu’il est encore à l’Université d’East Memphis et envisage plutôt une carrière de sportif, il s’achète un clavier, histoire de faire des beats pour passer le temps. De son propre aveu il n’a vraiment aucun talent pour la production, et n’arrivant pas à refourguer ses bouses, commence à rapper dessus. De ses freestyles naîtront quelques mixtapes qu’il grave et fait tourner autour de lui. Et pendant que ses proches lui font remarquer ses facilités pour écrire et rapper, Jermaine se met tout doucement à se passioner pour ce nouveau hobby.
Dans son sac de cours on finit par ne plus trouver que des mixtapes gravées, qu’il vend lui même sur le campus. Ainsi débute la carrière d’All Star.

Bien qu’élevé dans l’Est de Nashville, c’est d’avantage le rap d’Atlanta et de Memphis qui a bercé Jermaine Shute et qui logiquement guide ses débuts en tant que rappeur. A cette époque on retrouve dans le rap d’All Star l’attitude et les ambiances développés par la toute toute jeune Trap Music. T.I., Jeezy et Gucci commencent à faire parler d’eux et à imposer ce style qui va influencer une bonne partie des rappeurs des années 2000, à commencé par All Star donc.
Que ce soit sur des faces B ou entouré de cuivres agressifs, guidés par les charlestons et caisses claires des découpeurs de drogues, celui qui s’auto-proclame « Prince de Cashville » est alors avant tout un rappeur à punchlines. A cette époque, il rappe souvent les même histoires de rues, de flambe et de violence, sur le même ton menaçant que beaucoup de trappeurs, mais avec un sens de la formule qui tape efficacement là où on ne l’attendait pas. Et dans la masse de ses freestyles, des fulgurances laissent aussi entrevoir le début d’une écriture bien à lui, lui donnant un côté plus réfléchi que ses collègues.

De cette séries de mixtapes à freestyles commencée en novembre 2003, il vend 800 exemplaires du premier volume, puis  3 500 du deuxième. Il gagne en audience à chaque nouveau projet, étend sa juridiction de la fac jusqu’aux clubs et chaque terrain de sport de Memphis et Nashville, et finira par écouler plus de 20 000 CDs d’un volume 5 entièrement produit par son premier collaborateur régulier : Fate Eastwood.
Entre la sortie des volumes 3 et 4 de ces K7, portée par un public local, la musique d’All Star va venir passer les portes d’un barbershop de Memphis où Yo Gotti, le Roi de la ville, a ses habitudes. Intéressé par ce qu’il entend, Gotti entre en contact avec All Star et lui propose de s’associer autour d’un contrat qu’il doit signer avec Cash Money Records. Avec seulement ses quelques mixtapes au compteur, voilà le jeune All Star en position de signer en major… moins d’un an après avoir officiellement débuté sa carrière.

« On est allé ensemble chez Cash Money pour signer ce contrat. Au départ je pensais que c’était une bonne idée… »

Forcement motivé par l’idée de devenir une superstar qui fait pleuvoir l’argent, All Star signe un contrat avec le label de Birdman. Derrière son coup de crayon, se cache aussi l’espoir de transformer l’affaire en un album qui enflammera le Sud… et pourquoi pas les USA.

Au départ loin de penser que parapher ce bout de papier pour Cash Money était la pire décision de sa vie, All Star sera vite forcé de le constater. Dans les faits, malgré son supposé nouveau statut, le garçon est obligé de continuer à forger son public comme s’il était un indépendant, à coup de projets gratuits et de concerts dans les clubs de Nashville. Cette situation dure des années, mais le travail paie. Il progresse, en même temps que sa région apprend à l’aimer, et c’est à cette époque que Young Buck le découvre et lui fait un coup de promo inespéré sur BET. Les deux rappeurs et toutes la clique Ca$hville collaborent d’ailleurs à plusieurs reprises ces années là, et Buck s’ajoute à la liste des grands noms qu’All Star côtoie, sur laquelle on retrouve aussi Yo Gotti et Young Jeezy. En 2005, il est à peine exagérer que de dire de « Street Ball », son premier album, qu’il est un des disques les plus attendus dans le sale Sud. Mais il sera toujours attendu en 2006. Puis l’année suivante, et encore celle d’après…

La carrière solo d’All Star n’est de toute évidence pas une priorité pour Cash Money, qui pourtant tient un rappeur qui ne cesse de démontrer ses qualités. Parce que depuis ses freestyles de trappeurs, le Prince de Cashville a commencé à changer. Les deux volumes de Starlito’s Way sont certainement les projets qui témoignent le mieux de cette évolution.
S’il est toujours le violent rappeur à punchline de ses débuts, All Star se trouve une nouvelle épaisseur. En faisant appel à d’autres producteurs (Drumma Drama, Coop, Celsizzle), il tente des productions plus lentes, moins agressives, moins minimalistes. Sur ces ambiances il ose amener son rap dans de nouvelles directions, le détendre, et le côté pensif qui surgissait par moment entre deux menaces de morts mute en un vrai talent pour s’observer lui même.

Ce goût pour l’introspection se développe en même temps que ses rapports se dégradent avec Cash Money. Sa situation l’amène à se poser énormément de questions, notamment à remettre en cause la poursuite de sa carrière. Il faut dire que son contrat l’enchaine au non-sens : Le label refuse de sortir son album, et lui n’a plus la liberté de le faire seul, ni même de produire autre chose à son nom pouvant générer de l’argent. Birdman et Lil’Wayne lui laissent bien quelques os à ronger, comme une apparition sur leur LP de 2006 « Like Father Like Son », mais guère plus d’efforts ne sont faits pour que la carrière d’All Star passe à la vitesse supérieure.

Une rumeur persistante, mais qui ne reste qu’une rumeur, laisse entendre que durant cette période All Star est ghostwriter pour Lil’ Wayne et Birdman. On ne sera probablement jamais sûr de rien, mais certaines expressions de Wayne, métaphores et manis d’évoquer des choses en tournant autour, sans ne jamais les citer (ce qu’adore faire All Star), servent d’arguments à ceux qui soutiennent cette idée.
Quoi qu’il en soit, la situation termine d’user la patience du rappeur de Nashville, et il n’en fait plus un secret sur le deuxième volume de Starlito’s Way fin 2007. Sur le premier disque de la mixtape, All Star parle de lui, raconte sa vie et son parcours : Sa mère qui gagne des piécettes en tressant les voisins, son père qui fume le crack, et son adolescence faite de rap, de basket et de trafic de drogues. Sur le deuxième disque, il entame un cycle qui va durer presque deux ans, au propos on ne peut plus explicite. A la manière d’un jeune espoir du foot cantoné à cirer le banc ou à jouer avec l’équipe reserve, All Star demande à partir. Mais cette envie de retrouver sa liberté ne va pas de pair avec une volonté de poursuivre en indépendant… En ayant, pendant plusieurs années, vécu le rap comme un calvaire et à travers ses côtés obscurs (business déshumanisé, rythme de vie qui a mis sa santé en danger, etc.), voilà le Prince de Cashville décidé à tout abandonner.

Rap Music Ruined My Life // Beggin My Freedom, Be My Friend, Belittle My Future

« Like Father Like Son, I’m The Stepson, Interfering With My Dream. Inception. »

C’est comme si les difficultés rencontrées avec Cash Money avait brisées la carapace de trappeur que s’était construit All Star. Son changement d’attitude, la nouvelle orientation artistique de ses projets et surtout son envie de quitter à tout jamais le rap, il l’entérine avec un changement de nom : Starlito. La référence au film Carlito’s Way était déjà présente dans la musique d’All Star, mais en se renommant d’après le nom du personnage joué par Al Pacino, il pousse le parallèle jusqu’au bout. Carlito est un ancien gangster cherchant à se ranger après cinq ans de prison, Starlito est un ancien espoir du rap qui souhaite raccrocher après cinq ans de major.

« Je suis comme le personnage d’Al Pacino dans Carlito’s Way… Juste à la recherche d’une porte de sortie… »

Heureusement pour nous, toujours soutenu par son public, Starlito ne mettra jamais ses menaces à exécution : Ce qu’il annonçait comme une fin se révèle vite être un nouveau départ. C’est DJ Burn One qui va jouer un rôle important dans la suite de la carrière de Starlito, notamment en matérialisant ce nouveau départ avec un projet, comme il l’avait fait pour Gucci Mane avec « Chicken Talk ». Et son implication est encore plus forte avec Starlito, puisqu’il va entièrement produire pour lui « Renaissance Gangster ».

A la fois court et dense, « Renaissance Gangster » installe une ambiance inédite pour Starlito. Orgues, sacro-saintes émanations de « Triggaman » et de cowbells, conduits par des samples vocaux ou country et les rythmiques de TR 909 et 808. En travaillant ses samples avec un leger effet de reverb, Burn One donne l’impression de tous les faire surgir d’une brume épaisse et crée ainsi une parfaite unité à tout l’album.
Sur ces rythmes plus lents qu’à l’accoutumé, le flow de Starlito continue de ralentir, laissant le grain de sa voix gagner en rugosité pour ressembler au timbre enroué des lendemains de fête. Cette nouvelle cadence offre aussi une nouvelle place aux textes. Plus que l’attitude, c’est maintenant chaque mot, chaque image dessinée par Starlito qui gagne de l’importance. Ses références sportives hyper pointues, sa façon de parler de l’ébriété, son espèce de désarrois perpétuelle, tout s’accumule logiquement, en parfaite harmonie avec l’ambiance de bar enfumé.
En fusionant avec Burn One, c’est comme si Lito changeait de famille, passant de demi frère de Dwayne Carter à presque neveu des UGK perdu dans un brouillard de THC.

La suite n’est que réjouissements pour l’auditeur. Terminader Gold 60, Starlito’s Way 3, Ultimate Warrior, @ War W/ Myself, etc, etc. Avec Drumma Drama, Lil Lody, Lil Keis, Coop, Fate Eastwood et DJ Burn One, Lito tient une équipe de collaborateurs qui lui permet de développer chaque facette de son rap : la trap à punchlines avec les uns, la weed music country ou les textes introspectifs avec les autres. Sans revenir dans le détail de chacune de ces sorties, retenons que Starlito y démontre que sa musique s’étend sur des styles très différents. Entre arrogance, humour, peine et aigreur, il est aujourd’hui le chainon manquant entre Playa Fly, Z-Ro, Young Buck et Young Jeezy. Mais parce que ses difficultés lui on fait perdre l’envie de courber l’échine, sa musique arrive jusqu’à nous sans n’être parasitée par quoi que ce soit, faisant de lui un rappeur forcément unique, puisque n’écoutant que ses trips pour rapper.

Depuis décembre 2010 Starlito est libéré de toutes obligations vis à vis de Cash Money et travaille tranquillou, indépendamment du circuit, via Grind Hard sa propre petite structure. S’il n’arrête pas sa carrière, il se considère néanmoins retraité du « rap game », puisqu’il ne se soucie plus de savoir s’il est meilleur qu’untel ou bien dans l’air du temps. Starlito n’est plus là que pour continuer ses petites conversations avec lui même, motiver ses voyous et faire danser en concert pour payer les factures.

Si Lito n’a pas tout abandonné, c’est aussi grâce à sa rencontre avec Don Trip lors d’une tournée en 2011. D’après ses dires, le MC de Memphis lui a redonner le goût de rapper, simplement en lui rappelant que l’exercice pouvait, aussi, être fun. Quelques parties de NBA2K plus tard, les deux bougres sont comme des frères et bien décidés à retranscrire leur complicité en musique. Résultat, ensemble ils donneront naissance à l’un des meilleurs albums de 2012 : « Step Brothers ». A une époque où les duos entre rappeurs se font par couplets échangés par mail ou rappellent les collaborations entre marques de tissus, l’alchimie entre Don Trip et Starlito est un bonheur infini. Sur « Step Brother » on jurerait plusieurs fois que les deux rappent comme ils jouaient à NBA2K, en s’amusant à prendre le dessus sur l’autre. En les écoutant, on se surprend à imaginer les coups de coudes qu’ils se filent en studio après une punchline, comme quand ils se collaient le trois points de la victoire sur console.
Quand il s’agit de faire autre chose que de la punchline pour de la punchline, le goût pour le storytelling de Don Trip complète parfaitement le rap de voyou aigre-doux de Starlito. Et pour ne rien gâcher, l’ensemble est mis en musique par des prodos top notch (Mike Will, Boi 1-da, T-Minus, Lil Lody) qui ont su fournir du velour, tout en s’effaçant juste assez pour que la prestation du duo reste au centre du projet.

Après ce disque, il est certain que Starlito a trouvé le rythme et la manière de bosser parfaite pour lui. Deux ou trois projets par ans depuis qu’il est entièrement indépendant, avec ses producteurs favoris et quelques collaborateurs récurrents (Trip, Young Dolph, Killa Kyleon , Young Buck et Yo Gotti).
Avant d’enregistrer un de ses projets les plus ambitieux l’an dernier, Lito est tombé sur un article parlant de lui et des pionniers du Blow Pop Crew. En le parcourant, il apprend l’existence du fameux « Château » de John P. Welch. Forcément séduit par l’histoire du lieu, Starlito décide de faire un clin d’oeil aux balbutiements du rap de Nashville en s’enfermant plusieurs semaines au château, afin d’y enregistrer « Mental WarFare ».
Les producteurs fétiches sont encore une fois tous présents, mais cette fois Burn One est accompagné de tout le Five Points Music Group pour jouer et enregistrer en live les productions (Walt Live au clavier, Ricky Fontaine à la guitare, The Professor à la basse.).

Encore une fois le disque est l’occasion de faire une plongée dans l’esprit tourmenté de Starlito, peut être plus que jamais. Lean, alcool, amour, carrière, les 25 ans de prison de son ami Red Dot, tout apparait comme un problème dont Lito n’arrive pas à se débarrasser et qui alimente… sa dépression.

En s’engouffrant toujours plus loins dans l’honnêteté, à contre courant du traditionnel égotrip, jusqu’à même répéter qu’il se « hait » parfois, Starlito rappelle de plus en plus le texan mélancolique Z-Ro. C’est peut-être aussi une nouvelle façon de faire de la « Trap Music ». Ce n’est plus qu’au business de la drogue que le rappeur est enchainé, il est aussi « piégé » dans ses tourments, dans ses soucis qu’il n’arrive pas à s’empêcher de ressasser. En témoigne « Produced by Coop » énième morceau résumant douloureusement son parcours et sa situation, mais, et comme toujours, sans s’apitoyer ni même se résigner.
Mais si Mental WarFare est son album le plus abouti, c’est aussi parce qu’il synthétise parfaitement tout le spectre des raps qu’il est arrivé à maitriser. Les titres de trap classiques comme Live From The Kitchen auraient pu servir de tubes à « Street Ball », WTF sonne comme la suite mieux maitrisée des singles Grey Goose et I Go Ham, et les chansons produites par Burn One et Cardo réinstallent le meilleur des ambiances country de « Renaissance Gangster ».
Et Starlito n’oublie pas de célébrer Nashville en invitant le vétéran Quanie Cash sur des prods de son vieux compère Fate Eastwood.

Après avoir collaboré avec de plus en plus d’artistes de la Bay Area, Kool Daddy Fresh a fini par signer sur le label de l’ex-basketteur originaire d’Oakland Gary Payton. Pistol n’a pas sorti de disque depuis presque cinq ans mais reste un personnage éminemment respecté à Nashville. Quanie Cash continue de brasser des milliers de dollars en produisant des compilations et des films direct-to-DVD. Young Buck est en prison jusqu’à la fin de l’année pour port d’arme illégal mais continue a sortir des projets gratuits régulièrement. Starlito s’apprête à sortir un nouvel album intitulé « Cold Turkey » ainsi qu’une suite à Step Brother avec son compère Don Trip.

Illustrations : Léo Leccia / @

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Le premier volume de la collection Cooking by the Book est consacré au début du groupe Outkast.
Vous pouvez vous le procurer sur le site des éditions FP&CF, en version français ou anglais.

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Pour accompagner ce premier numéro, Ryan Hemsworth a passé dans ses machines un titre d’Outkast pour en ressortir toute la mélancolie.

Return Of The « G » (Ryan Hemsworth Edit)