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Hier est sorti une nouvelle mixtape de Gunplay, Bogota Rich. Pour rappel, cette dernière est un amuse gueule avant BOGOTA, elle même censée être une mixtape devant précéder le premier album solo de Gunplay, Valkyrie, qui selon toutes vraisemblances sortira après la seconde compilation MMG et le deuxième album de Triple C’s, son groupe avec Rick Ross, Torch et Young Breed…. ….

Bogota Rich ressemble en de nombreux points aux précédentes sorties solo de Gunplay : peu de morceaux, une moitié de freestyles sur faces B, pour un léger arrière goût d’incomplétude. Pour ce qui est du fond, personne ne sera dépaysé non plus puisqu’il continue de faire ce pourquoi on l’aime : majoritairement du rap post-Flockaveli qui doit s’écouter très fort pour être apprécié, racontant ce que pourrait être le quotidien de Taz le diable de Tasmanie s’il était exportateur de cocaïne.

Il y a quelques années/mois il fallait encore argumenter, preuves à l’appui, pour faire comprendre aux ascètes et aux ignorants qui s’arrêtaient à son apparence et son énergie, que Gunplay était un peu plus qu’un animal. Dieu merci de plus en plus de gens ont fini par comprendre qu’il était loin d’être unicellulaire, et qu’en plus de réussir à insuffler cette énergie nucléaire à ses morceaux, d’avoir la bonne idée de travailler avec des producteurs plus complets qu’il n’y parait (comme Lil Lody (Rollin’, Bogota)), il sait aussi s’appliquer à écrire des textes poignants qu’il peut rapper sur plusieurs minutes sans jamais reprendre sa respiration.

Sa carrière pourrait prendre un tournant important cette année, grâce à la création de sa propre sous-structure au sein de MMG, BILDERBERG GROUP, qui lui permettra peut être de sortir plus régulièrement sa musique. Aussi, ses collaborations avec la première division du rap game (Kendrick Lamar tout récemment, et si Bogota a été repoussé c’est en partie lié à d’autres connexions) pourrait l’aider à toucher un nouveau public…

Tout ça pour vous dire, mais les plus futés l’auront compris en voyant la pochette en tête de la page, que j’ai (re)fait une tape célébrant Gunplay (utilisez la fonction « rechercher » en haut pour trouver la première). L’idée étant que si Gunplay est incapable de sortir des projets complets faisant plus d’une heure, on va les faire nous même. Voici une trentaine de morceaux, aucun venant de Bogota Rich et Off Safety, beaucoup de couplets qui trainaient dans le gouffre des internets.
Et un immense merci à Pierre THYSS  pour l’exceptionnelle pochette.

Inside I’m Sufferin’ Outside I’m Stuntin’ Deluxe Edition – Gunplay

  1. Intro – This is Gunplay
  2. Yams (Feat. Triple C’s)
  3. Always In Some Trouble
  4. Cherish The Day
  5. All On You (Either Or)
  6. Extra Nice
  7. Just The Surface
  8. Egg Hunt (Feat. Triple C’s)
  9. CNN vs. CCC (Feat. Capone-N-Noreaga, Sho & Triple C’s)
  10. Skit – Rule N° 1
  11. That Triple C Shit
  12. Skit – Rule N° 2
  13. Bogota
  14. Killswitch
  15. B*tches, Swangerz & Candy (Feat. Trae The Truth)
  16. White Sand (Feat. Triple C’s)
  17. How U Do Dat There
  18. Dope Game (feat. Young Breed)
  19. Beaned Out (Feat. Perle)
  20. I Wanna Rock
  21. I Get Money
  22. Skit – It’s Goin’ Down
  23. Money In My Pocket
  24. BET Cypher
  25. I’m On One
  26. Picture Me Rollin’
  27. Motivation
  28. Welcome To The Jungle
  29. Wicks (Wild Out) (Feat. DesLoc & Piccalo)
  30. Magnificent 2.0
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J’avais déjà pu parler un peu de Friendzone au début de l’été, profitant de la sortie d’une cassette de Shady Blaze pour les présenter eux ainsi qu’une bonne partie des producteurs qui ont travaillé avec la famille Green Ova. Je vous renvoie à cette introduction si, pauvre de vous, vous ne les connaitriez pas encore.

Aujourd’hui sort le second volume des compilations Kuchibiru Network, sur lequel on retrouve plusieurs de ces producteurs. Aux côtés de leurs propres travaux Friendzone ont donc invité, entres autres, L.W.H., Ryan Hemsworth, Julian Wass mais aussi Silky Johnson ou Skywlkr. Beaucoup de noms différents mais malgré tout un projet qui maintient une unité du début à la fin et, même si chacun garde sa petite particularité, c’est en les voyant ainsi côte à côte que l’on voit que tous ces producteurs sont bien les étoiles d’une même constellation. Kuchibiru Network est la parfaite porte d’entrée vers la musique de ces gars, que ce soit les atmosphères inspirées de pop japonaise de Friendzone, la bande originale d’aventures bibliques de L.W.H., les samples d’électronique céleste de Ryan Hemsworth ou le design sonore de quêtes secrètes d’un jeux vidéo qui n’existe que dans l’imagination de Julian Wass.

On y retrouve aussi plusieurs apparitions de Squadda B, MondreM.A.N. et Shady Blaze au micro, qui nous font nous poser une question existentielle: A quand un long projet de ces garçons entièrement produit par Friendzone ?

Kuchibiru Network 2 – Friendzone

  1. Intro-Friendzone
  2. Near (Produced By Friendzone)-Main Attrakionz & Shady Blaze
  3. Can’t Go Wrong (Featuring Friendzone)-Gummybear
  4. Incredible-Marlee B
  5. Starhigh-Icez
  6. A Single Room-L.W.H.
  7. Stratus (Produced by Uyama Hiroto)-Main Attrakionz & Shady Blaze
  8. Walk Home-Ryan Hemsworth
  9. Rainman-Silky Johnson
  10. <> (Purple)-Julian Wass
  11. DB (Featuring Brent Barstow)-Friendzone
  12. Lie4-Skywlkr
  13. SD-100
  14. Local Distance Feat. DKXO (Produced by Konyaga Tanaka)-Carios
  15. Lunar Lovers-Finally Boys
  16. Change (Produced by Friendzone)-Main Attrakionz & Shady Blaze
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La cheville entravée par un bracelet électronique et apparaissant dans ses vidéos avec tour à tour une jambe ou un bras cassé, selon qu’il se soit fait tirer dessus ou tabasser par la police, HD porte sur lui les stigmates d’une vie calme et reposante, où le mot d’ordre est ‘stabilité’.

HD rappe à propos de cette vie rythmée par une « occupation compliquée » qui explique ses allers et retours en prison (il y est d’ailleurs au moment où j’écris ces lignes), à propos de cette vie qu’il aborde comme un jet de dés qu’il doit sans cesse relancer. Jamais à l’abri d’un bad beat qui le forcerait à devoir tout arrêter du jour au lendemain, HD profite alors des 3/4 mois de liberté qu’il lui reste par an pour rapper comme un mort de faim, sur tout ce qui lui passe sous la main.

En deux ans, une dizaine de cassettes chargées à ras bord de couplets sur ses affaires de port d’armes et de chicken, mais aussi et peut être surtout, sur les bienfaits de la consommation de syrop et d’herbe violette, puis sur son amour pour ce qui le rend particulièrement émotionnel, les goapalés (gwap), surnom donné à ses très grosses liasses de Benjamins avec lesquelles il essuie la sueur et les larmes.

HD n’est sans doute pas un rappeur que l’on va écouter pour prendre une claque technique, il n’apporte rien de nouveau et n’a clairement rien à proposer au grand public ou même à qui que ce soit en dehors des auditeurs de rap de rue. En plus, comme je le disais, il rap sur tout ce qu’il peut. N’ayant certainement pas les moyens de s’offrir des productions qualités premiums, il se contente de faces B, de radio rips, de boucles très simples, parfois de morceaux pop ou funk à peine samplés avec une ligne de basses juste posée dessus.

Malgré ça, ses disques sont toujours réussis. Pour qui est réceptif aux ambiances de gangsters, HD remplit le cahier des charges grâce à un personnage charismatique qui sait raconter ces histoires en en oubliant aucun aspect. HD aime son quartier et son mode de vie mais ne le glorifie pas, décrit les difficultés de sa condition et des siens, avec un portrait parfois très dur, parfois très noir, mais sans être misérable.

I worked the shawty like a black panther,
But I’m trapped with this crack, the ghetto cancer,
Given STD’s injected HIV,
She feel like she getting blessed when I serve her some D

L’autre tour de force de ses projets est d’arriver à créer une ambiance cohérente malgré l’impression de patchwork donnée par son choix de beats (que j’imagine limité par ses moyens). Mis à part peut être les trois volumes de Extortion Muzik, mais il s’agissait ici vraiment de mixtapes un peu fourre tout, il arrive a créer et à maintenir une couleur sonore du début à la fin, comme s’il était touché par une forme de synesthésie. Les exemples les plus parlants étant The Coldest Winter Ever, ou l’hiver est rappelé jusque dans les mélodies très froides, ou tout récemment son album Fresh, produit par DJ Fresh & le Whole Shabang, son projet le plus sérieux, dans tous les sens du terme, sorti pour l’instant.

A propos de Fresh, et malgré les qualités de ce disque, il est étrange de voir à quel point il a été baclé, chose à laquelle on est peu habitué avec les productions de DJ Fresh: présence de sons parasites, morceaux qui sautent et/ou se coupent trop tôt. DJ Fresh ne produit d’ailleurs qu’un tiers de l’album, laissant le reste au main de son équipe de production. De là à penser que Fresh délègue et s’implique moins quand il travaille avec certains rappeurs plutôt qu’avec d’autres, il n’y a qu’un pas que j’ai allègrement franchi.

Malheureusement pour lui, sa personnalité et son mode de vie risquent d’être d’immenses obstacles à sa carrière. Son avant dernier voyage en prison l’a par exemple privé d’une apparition dans la clip de Gimme Da Loot de Shady Nate… probablement le plus gros tube que la Bay ait produit cette année et sur lequel il est censé être en featuring. Ce à quoi s’ajoute une tendance à clasher avec quiconque tente de collaborer avec lui, confère son récent beef avec Lil Rue, avec qui il avait pourtant de très bons morceaux ou l’interlude sur Coldest Winter, où il s’est enregistré en train d’appeler DB Tha General pour l’insulter…

HD a déjà collaboré avec Lil Blood, Philty Rich, Al Husky, Mistah F.A.B., Lil Rue, etc. mais jamais sur ses propres disques, où il préfère être entouré par sa propre équipe, le Bearfaced Gang. Hen Sippa, Lil Rod, Blast Holiday, G-Sirty, 600BJ, B-Stroll, etc, etc. font tous, tout comme lui, des allers et retours par la case prison… et mis à part Blast Holiday, je ne crois pas qu’ils aient sorti de projet en solo. Parmi cette équipe, on retient particulièrement les apparitions de Hen Sippa, dont le flow rauque et nonchalant est l’équivalent sonore du visage du chien Droopy.

Rien à partager avec vous, les projets d’HD sont tous disponibles sur Rapbay.com, je vous conseille de commencer par Emotional Bout My Guap, puis d’enchainer avec l’album Fresh, en attendant son véritable premier long format en solo Breakin’N’Entering, prévu pour la fin de l’année.

SMACK SMACK